L’existence de ce programme est une excellente nouvelle pour tous ceux qui croient à l’avenir de l’application des lois de la physique et de l’utilisation des signaux mécanique en cancérologie.

L’Europe soutient un consortium de 16 participants qui a pour objectif de mesurer les forces actives dans une tumeur cancéreuse. Mesurer ces forces in vivo et in situ et de manière non invasive n’est aujourd’hui pas possible.

Le consortium comprend 4 groupes français et doit durer 4 ans : début le 01/01/2016 pour une fin le 31/12/2019. ID du projet : 668039.

L’innovation repose sur la Magnetic Resonance Force Imaging (MRF) qui peut mesurer des forces comme la force de traction cellulaire (Cell Traction Force ; CTF) à l’interface entre la matrice extra-cellulaire et les cellules qui bordent le tissu tumoral. Ces cellules sont particulièrement importantes car ce sont elles qui vont migrer et donner des métastases.

La MRF mesure directement la rigidité (Stiffness) des tissus en relation avec le déplacement (très minime, on est en quasi-statique) entraîné par l’arrivée d’une onde acoustique appliquée.

La MRF (ou MRE ; Magnetic Resonance Elastography) passe par trois étapes :

  1. une vibration mécanique est appliquée sur le tissu examiné
  2. une séquence IRM encode les micro-déplacements causés par l’onde mécanique
  3. un algorithme d’inversion donne une image quantitative, voxel par voxel, de la raideur du tissu.

Il est également prévu d’appliquer des forces aux tumeurs analysées pour provoquer des signaux biomécaniques (mechanosignaling).

L’impact pourrait être dans le cancer du sein de mieux délimiter la tumeur primitive et la réponse au traitement, et dans le cancer du foie de mieux voir et quantifier l’invasion des microvaisseaux interdisant la greffe hépatique et donc de mieux sélectionner les receveurs.

On voit donc se dessiner une technologie non invasive in situ et in vivo permettant de calculer le tenseur des contraintes d’une tumeur.

Et un jour d’agir dessus ?