A Chicago, le 4 juin dernier, s’est tenu le congrès annuel de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), au cours duquel une communication intéressante fut faite. La nouvelle vient de France, plus précisément de Nancy.
Déjà il y a trois ans, l’équipe de l’Institut de Cancérologie de Lorraine avait montré qu’une association de 3 produits de chimiothérapie était efficace dans le traitement du cancer du pancréas avec d’emblée des localisations dans le foie. Ce qu’ils présentent maintenant, c’est l’utilisation de ce même protocole « Folfirinox » après une tentative de guérison du pancréas quand il est opérable (c’est-à-dire sans localisation hors du pancréas). Il s’agit d’une intervention chirurgicale lourde avec souvent des séquelles à vie (diabète, troubles digestifs, etc). Seulement 10% des patients sont opérables et les 2/3 vont rechuter avec les traitements classiques. L’association de 3 chimios, le 5-fluorouracile, l’irinotecan et l’oxaliplatine, est difficile à supporter. Mais les résultats sont là : environ 250 patients ont reçu cette chimio après l’opération, et 250 ont reçu le traitement standard (une seule chimio, le gemcitabine).
Trois ans plus tard, le bénéfice est considérable pour le groupe traité par Folfirinox. Plus de la moitié, au lieu d’un tiers, sont sans récidive. Y aura-t-il plus de guérisons définitives ? C’est probable, mais il faudra quelques années encore pour être sûr.
La prochaine étape: faire ce protocole Folfirinox avant l’intervention chirurgicale pour augmenter le nombre de patients qui pourraient bénéficier d’une chirurgie, le seul moyen à ce jour de guérir ce cancer redoutable.